La Norvège viole-t-elle sa propre constitution en autorisant les forages pétroliers en Arctique ? Le géant énergétique allemand RWE est-il responsable de la fonte des glaciers au Pérou ? ING devra-t-elle bientôt réduire les émissions de CO2 liées à ses investissements ? Ces trois questions sont actuellement au centre de procès historiques pour le climat.

C’est aujourd’hui que démarre le procès par lequel Greenpeace Norvège et l’association locale Nature et Jeunesse poursuivent le gouvernement norvégien pour avoir autorisé l’extraction de pétrole et de gaz dans de nouvelles zones. Il s’agit d’une violation flagrante de l’accord de Paris sur le climat et même de la Constitution norvégienne. Si les associations gagnent ce procès, cela pourrait créer un précédent important pour les futures questions climatiques dans le monde entier.

Un jugement favorable au climat

Le changement climatique est réel et l’homme en est responsable, mais il peut aussi y remédier. Tel est le message d’espoir qui sous-tend les négociations de la Conférence de l’ONU sur le changement climatique, qui se tient cette année à Bonn. Cependant, les entreprises actives dans les combustibles fossiles en particulier, mais aussi de nombreux gouvernements et institutions financières, refusent d’assumer leur responsabilité pour limiter le réchauffement à 1,5 °C.

Jusqu’il y a peu, les poursuites destinées à faire respecter les mesures climatiques étaient déboutées, mais la situation a brusquement évolué l’année dernière. Consécutivement à une requête de l’organisation environnementale Urgenda, un juge a estimé que le gouvernement néerlandais n’en avait pas fait assez pour lutter contre le réchauffement climatique. Chez nous également, l’Affaire Climat est en cours depuis un certain temps déjà contre les autorités fédérales et régionales.

Changer la loi, pas le climat

Non seulement les citoyens se mobilisent de plus en plus pour le climat, mais ils recourent plus fréquemment aux tribunaux. Par exemple, un agriculteur péruvien a cité la RWE, et plus de 440 000 personnes dans le monde soutiennent déjà l’action contre le gouvernement norvégien. De son côté, la Commission philippine des droits de l’homme examine une plainte par laquelle des organisations locales et des citoyens poursuivent les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre du monde.

« Si suffisamment de gens veulent que la loi change, alors elle changera », affirme Richard Harvey, un avocat de Greenpeace. « C’est ainsi que nous avons aboli l’esclavage et mis fin à l’apartheid. »

Le temps est venu de s’attaquer au comportement irresponsable (mais toujours largement légal) de l’industrie des combustibles fossiles et de ses investisseurs.

Voulez-vous nous aider ?

> Devenez un « ami de la cause » contre le pétrole de l’Arctique.
> Devenez co-demandeur dans l’Affaire Climat pour plus d’ambition climatique en Belgique.
> Demandez à votre banque de cesser d’investir dans les combustibles fossiles.