Un tribunal américain vient de donner raison au géant des pipelines, Energy Transfer, et a condamné Greenpeace International ainsi que les entités de Greenpeace aux États-Unis à verser 345 millions de dollars US. Cette décision fait suite aux actions de contestation pacifique menées contre la construction d’un pipeline, en soutien à la tribu Sioux de Standing Rock.
Le contexte de cette condamnation
L’année dernière, un jury de neuf personnes du comté de Morton a rendu un verdict dans le cadre de la poursuite abusive intentée par Energy Transfer contre les entités de Greenpeace aux États-Unis (Greenpeace Inc, Greenpeace Fund) et Greenpeace International.

Le nouveau jugement du tribunal du Dakota du Nord rejette certaines parties du verdict absurde rendu par le jury en mars dernier, mais accorde tout de même des centaines de millions de dollars à Energy Transfer sans base juridique solide, échouant ainsi à corriger les injustices de l’affaire. Ce jugement représente les dommages-intérêts les plus élevés jamais imposés à Greenpeace. Son objectif est clair : nous faire taire.
Quelle suite ? Greenpeace International et les organisations Greenpeace aux États-Unis demanderont un nouveau procès et, en cas de refus, feront appel du jugement devant la Cour suprême du Dakota du Nord. Parallèlement, Greenpeace International poursuit son action en justice contre Energy Transfer aux Pays-Bas, en vertu de la directive anti-SLAPP de l’UE — un cas de jurisprudence historique contre le harcèlement corporatif.
Poursuite SLAPP ou procédure-bâillon

Ce type de harcèlement corporatif est conçu pour nous priver de nos droits et de nos libertés. Energy Transfer poursuit cette plainte d’intimidation parce que Greenpeace a osé faire preuve de solidarité avec les défenseurs de l’environnement autochtones qui s’opposent au pipeline Dakota Access. Il n’a jamais été question de justice. La poursuite SLAPP (poursuite-bâillon) d’Energy Transfer reste une tentative de museler la liberté d’expression, d’effacer l’indépendance et l’autodétermination autochtone du mouvement Standing Rock et de punir la solidarité envers la résistance pacifique.
La procédure d’Energy Transfer s’inscrit dans une vague de poursuites abusives intentées ces dernières années par de grandes compagnies pétrolières telles que Shell, Total et ENI contre des entités de Greenpeace. Quelques-unes de ces affaires ont été stoppées dans leur élan. C’est le cas notamment de Greenpeace France, qui a réussi à faire échouer la procédure-bâillon menée par TotalEnergies le 28 mars 2024, et de Greenpeace UK et Greenpeace International, qui ont contraint Shell à renoncer à sa procédure le 10 décembre 2024.
Ce jugement aura-t-il un impact sur les activités de Greenpeace Belgique ?
Non. Le jugement rendu dans le Dakota du Nord vise deux entités américaines de Greenpeace ainsi que Greenpeace International. Les 24 autres bureaux du réseau Greenpeace sont entièrement indépendants. Si les procès-bâillons successifs d’Energy Transfer peuvent représenter une source de distraction pour l’ensemble du réseau, ils n’ont pas d’impact direct sur ces autres entités.
Comment nous soutenir ?
Face à ces tentatives d’intimidation financière, l’indépendance de Greenpeace Belgique demeure notre rempart le plus solide. En refusant systématiquement tout financement provenant d’entreprises ou de subventions publiques, nous garantissons une totale autonomie de parole et d’action. Notre fonctionnement est assuré à 100 % par les dons de particuliers : c’est cette base citoyenne qui nous permet de tenir tête aux géants industriels sans craindre de pressions économiques. Soutenir Greenpeace aujourd’hui, c’est protéger cette indépendance sacrée et nous donner les moyens de continuer à agir là où le silence tente de nous être imposé.


