Il ressort d’un nouveau rapport commandé par Greenpeace Afrique, qu’un très petit groupe d’ultra-riches est responsable d’une part disproportionnée de dommages climatiques et ce, en raison de leur mode de vie à forte intensité carbone et à la détention d’actions ou d’investissements dans des activités à grandes émissions.

Les derniers chiffres consolidés disponibles montrent que les investissements des 0,01 % les plus riches à l’échelle mondiale sont associés à une « dette climatique » estimée à 992 milliards de dollars US. [1] Leur comportement de consommation intense en carbone est par ailleurs lié à des dommages estimés à 405 milliards de dollars. 

La dette climatique est définie dans le rapport comme la monétisation des dommages climatiques causés par des émissions qui dépassent la part légitime, sur la base d’une répartition équitable du budget carbone restant compatible avec l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5°C, conformément à l’Accord de Paris.

Nadia Cornejo, porte-parole de Greenpeace Belgique commente : «  Les recherches révèlent que l’empreinte climatique des ultra-riches dépasse largement les estimations précédentes. Pourtant, ce sont encore les citoyens ordinaires qui sont appelés à faire des sacrifices, tandis que les plus grands pollueurs et les plus grandes fortunes restent largement épargnés. Ceux qui contribuent le plus à la crise sont aussi ceux à qui l’on demande le moins. C’est un déséquilibre profond qui mine la justice climatique.»

500 Greenpeace Africa volunteers are peacefully gathering to send out a powerful message to governments to tax the super-rich, ahead of the UN Framework Convention in International Tax Cooperation (also known as UN Tax Convention or UNTC) negotiations taking place in Nairobi from 10-19 November. Together, they form a human banner of the African continent with a printed banner that says Tax the Super-rich for People and Planet.
© Greenpeace / Helium Creations

Le rapport, intitulé Comprendre la dette climatique de l’ultra richesse, souligne comment la crise climatique devient de plus en plus une crise de concentration extrême des richesses. Le rapport soutient que les cadres actuels des politiques climatiques se concentrent principalement sur les émissions basées sur la production et la consommation, tout en ignorant largement les émissions liées à la propriété du capital et aux portefeuilles d’investissement à forte intensité carbone des ultra-riches. [2]

Principales conclusions du rapport :

  • La responsabilité climatique basée sur la richesse et la propriété est concentrée dans un nombre relativement restreint de pays, tandis que de nombreux pays confrontés à la plus grande vulnérabilité climatique et aux besoins de financement les plus importants ne détiennent qu’une faible part de la richesse mondiale.
  • L’étude estime que le membre moyen du groupe des 0,01 % les plus riches de la planète est associé à une dette climatique liée à la propriété plus de 130 fois supérieure à celle du membre moyen du groupe des 10 % les plus riches.
  • Pour un membre moyen des 0,01 % les plus riches, la dette climatique estimée liée à la propriété en 2022 s’élevait à 1,24 million de dollars US — soit plus du double de la dette climatique liée à la consommation, estimée à 506.783 dollars US. Cela souligne l’importance de regarder au-delà de la seule consommation (comme l’utilisation de jets privés polluants) pour évaluer la responsabilité climatique.
  • L’étude estime d’ailleurs qu’en 2022, les 1 % les plus riches représentaient environ 41 % de toutes les émissions liées à la propriété, contre 16,5 % des émissions liées à la consommation attribuées au groupe des 1 % ayant les revenus les plus élevés.

Alors que les impacts climatiques tels que les dommages causés par les phénomènes météorologiques extrêmes, les inondations et les sécheresses s’intensifient à l’échelle mondiale, l’écart entre les besoins de financement climatique et leur versement effectif continue de se creuser

Le rapport suggère que taxer les dommages climatiques associés aux seules émissions liées à la propriété des 0,01 % les plus riches du monde pourrait contribuer de manière significative aux besoins de financement climatique des pays du Sud Global, estimés à au moins 1 000 milliards de dollars par an. [3]

Koaile Monaheng, responsable politique globale de la Part Équitable chez Greenpeace Afrique, a déclaré : « Taxer les milliardaires pour les coûts réels de leurs investissements et de leurs modes de vie polluants n’est pas radical. C’est une étape juste et nécessaire pour financer l’action climatique, lutter contre la dégradation des écosystèmes et faire progresser la justice climatique pour les communautés qui paient déjà le prix d’une crise qu’elles n’ont pas provoquée. Sans action urgente, les ultra-riches continueront de polluer et de profiter de la destruction et de l’exploitation pendant que le monde brûle. »

Greenpeace appelle les gouvernements à intégrer le principe du pollueur-payeur dans les cadres politiques climatiques et fiscaux, et à s’engager, dans le cadre de la Convention fiscale des Nations Unies (UNFCITC), à taxer efficacement les personnes à très haut patrimoine net et les grandes entreprises polluantes, notamment par le biais de règles juridiquement contraignantes sur les droits d’imposition, la transparence et les mesures de lutte contre l’évasion fiscale.

Notes :

La synthèse du rapport est disponible ici.

[1] Le rapport analyse la dette climatique associée aux groupes de richesse correspondant aux 10 %, 1 %, 0,1 % et 0,01 % les plus riches de la planète. L’étude utilise deux approches pour estimer comment les émissions mondiales excédentaires — celles qui dépassent le niveau compatible avec la limitation du réchauffement à 1,5 °C — peuvent être attribuées aux différents groupes de richesse : l’une basée sur la consommation et l’autre basée sur la propriété. Les 0,01 % les plus riches de la planète représentent, ou individus à patrimoine ultra élevé (UHNWI) sont – à titre d’illustration – ceux qui possèdent une fortune supérieure à 38 millions de dollars US (Altrata, 2025 ; Capgemini Research Institute, 2024 ; Wealth-X, 2018).

[2] L’analyse a été réalisée par le Forum Ökologisch-Soziale Marktwirtschaft (FÖS) e.V. [3] Climate Action Network (CAN) (2024) : Soumission du Climate Action Network (CAN) sur le nouvel objectif collectif quantifié (NCQG).

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