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On nous a fait croire que la mobilité était une question d’individus, de liberté et de statut social. Ce n’est pas le cas. Pourquoi et comment nous nous déplaçons, comment déplaçons-nous des biens, qui le fait, à quelle fréquence… Les réponses à ces questions reflètent de vastes choix de société qui n’ont pas toujours été opérés en tenant compte de leurs conséquences à long terme. S’il y a une chose que la crise du COVID nous a rappelée, c’est que les choses peuvent changer rapidement. Et qu’il s’agit d’une occasion unique de rendre nos sociétés et notre mobilité plus résilientes. 

En tant que société, nous considérons la mobilité comme quelque chose d’individuel, lié à la liberté et au statut social, tout cela « grâce » à la voiture, au pétrole et à l’industrie du marketing, ainsi qu’à quelques politiciens qui pensent et vivent de cette façon.

Mais posons-nous les bonnes questions : où est la liberté quand on dépend en fait d’une voiture polluante pour accéder à de nombreux services éparpillés un peu partout ? Où est la liberté lorsque nos enfants ne peuvent pas jouer dehors ou aller à l’école à pied ou à vélo parce que c’est trop dangereux, ou lorsqu’ils grandissent en inhalant de l’air malsain dans leurs poumons et leur corps ? Où est notre individualité quand tout le monde achète le même modèle de SUV ou le même billet d’avion à bas prix qui alimente la machine à sous des industries polluantes ? Pourquoi nos vacances sont-elles dépendantes d’une industrie aéronautique qui ne respecte ni le climat, ni la société, ni les travailleurs ? Quel genre de « statut social » obtenons-nous lorsqu’un pouvoir d’achat plus élevé nous permet de consommer toujours plus de mobilité qui érode encore plus nos biens communs les plus essentiels, à savoir notre environnement et un climat vivable sur terre ?

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Consommer de la mobilité

Aujourd’hui, nous consommons de la mobilité comme jamais auparavant (à l’exception de la grande perturbation due au coronavirus), et ces modèles modernes de consommation de mobilité jouent un rôle important dans les ravages causés à notre planète. Mais tout le monde ne se déplace pas pareil. Ceux d’entre nous qui ont le plus grand pouvoir d’achat se déplacent BEAUCOUP PLUS, ce qui a un impact négatif disproportionné sur le climat. Le résultat peut sembler le même pour tous, mais les conséquences ne sont pas partagées de manière égale. Le changement climatique et la pollution de l’air, qui provoque des maladies et des décès prématurés, frappent plus durement les plus vulnérables. De plus, , des gens meurent ou sont blessés à vie à cause d’accidents de voiture, des routes divisent les communautés, et nous enfouissons la terre et la biodiversité sous une couche de béton, ce qui rend notre environnement beaucoup plus chaud (demandez aux gens qui vivent les vagues de chaleur dans les villes !).

Plus que des changements individuels, nous voulons un changement systémique !

Depuis 2017, Greenpeace mène activement campagne sur la pollution de l’air et la mobilité, créant un débat vital et souvent passionné. Mais au bout du compte, notre système de transport dépasse chacun d’entre nous pris isolément. Il concerne tout le monde… Plus qu’un changement individuel, nous avons besoin d’un changement systémique. Un changement de système qui nous prépare à être plus résilients et à nous adapter à la réalité du changement climatique.

Nous voulons un ciel bleu et un air sain. Nous voulons des villes et des villages où les enfants peuvent jouer, avec des routes où ils peuvent marcher et faire du vélo. Nous voulons des espaces verts (urbains) pour nous détendre mentalement et physiquement, canicule ou pas. Nous voulons que les gens soient autonomes, qu’ils puissent accéder à toutes sortes de services (travail et école, alimentation, commerces locaux, culture, espaces verts…) à pied, à vélo ou en transports publics, sans dépendre de la voiture. Des voitures doivent rester disponibles pour les personnes qui en ont réellement besoin, mais elles doivent être électriques, donc plus efficaces (pas autant d’énergie perdue que dans la combustion), moins polluantes et de taille et de puissance raisonnables (bye-bye les SUV !). Pour les vacances, nous voulons que les gens puissent opter pour un billet de train abordable et non pour un billet d’avion à bas prix qui alimente la crise climatique. Nous voulons que la mobilité soit un bien commun utilisé avec à bon escient, de manière durable et accessible à tous les membres de la société. Tout ceci va bien plus loin que la mobilité. C’est en effet une remise en question de notre modèle de société, de notre aménagement du territoire, de notre rapport au temps et de la façon dont nous définissons le progrès. 

Il est temps de reconnaître que la mobilité est une question de société, d’autonomie et de cohésion sociale. Le reste n’est que du bla-bla et du greenwashing.

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