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Les fermes-usines d’élevage intensif envahissent nos campagnes, alors que la Belgique a déjà la troisième plus forte concentration d’animaux d’élevage en Europe.  La Wallonie a été jusqu’à présent relativement préservée des élevages intensifs. En effet, 95% de la production de viande de porc et 85% de la production de volailles a lieu en Flandre. Mais aujourd’hui, nous assistons à l’implantation de plus en plus fréquente de grands bâtiments d’élevage, de véritables “usines à viande”.

En raison de la crise de la biodiversité, du réchauffement de la planète et du bien-être des animaux, chaque nouvelle ferme-usine est une ferme-usine de trop. Pour les riverains, ces fermes-usines entraînent de nombreuses nuisances :  nuisances olfactives, risques sanitaires, etc.

Greenpeace lance un nouveau site web pour donner un coup de pouce à l’opposition locale aux nouvelles fermes-usines.Vous pouvez voir via une carte si de nouvelles fermes-usines sont prévues dans votre région, vous pouvez signer des pétitions locales ou en lancer une vous-même, et vous pouvez savoir quand et comment déposer une réclamation ou un recours.

Arrêtez les nouvelles fermes-usines !

Voici 7 raisons pour lesquelles il ne faut pas construire de nouvelles fermes-usines.

1. Les fermes-usines détruisent le secteur agricole

Depuis l’an 2000, en moyenne 8 fermes mettent la clé sous la porte chaque semaine en Wallonie. En Europe, cela représente un millier de personnes par jour. Cette tendance est la plus forte chez les éleveurs de bovins. Les petites entreprises familiales ne peuvent pas rivaliser avec la folle surproduction des élevages intensifs qui font baisser encore plus le prix de la viande, des produits laitiers et des œufs. Tous les éleveurs sont entraînés dans une course vers le bas.

Et pour quoi ? Dans notre pays, il y a déjà 2,7 fois plus de porc et 2,6 fois plus de poulet que ce que nous en mangeons nous-mêmes. Une grande partie de cette surproduction est exportée vers d’autres pays de l’UE avec des marges bénéficiaires très faibles (0,08 € ou moins pour un kilo de poulet !), ou même déversée à perte en dehors de l’Europe (comme le lait en poudre). Les exploitants doivent s’endetter sur de très longues années, sans aucune certitude sur leurs revenus. Ce modèle agricole est usé jusqu’à la corde.

La transition indispensable vers une agriculture plus écologique, axée sur un prix équitable pour l’agriculteur pour des aliments sains et de haute qualité produits localement, devra toujours être accompagnée d’un soutien financier et d’une compensation pour nos agriculteurs, au niveau wallon, mais certainement aussi au niveau européen.

2. Les fermes-usines aggravent la crise climatique

L’agriculture représente près d’un dixième des émissions belges. La principale source est l’élevage, qui dégage du méthane et du protoxyde d’azote. Ces émissions n’ont pas vraiment baissé ces dix dernières années.

En raison de la croissance rapide de l’élevage industriel qui alimente la surconsommation de viande et de produits laitiers, l’agriculture est déjà responsable de 40 % des émissions mondiales de méthane. En Flandre également, nous avons vu ces dernières années de plus en plus de fermes-usines et, en raison de l’augmentation du nombre de vaches laitières, les émissions de méthane ont augmenté.

Un nouveau rapport des Nations unies montre que la réduction des émissions de méthane est l’une des stratégies les plus rentables pour limiter le réchauffement de la planète.

Ce chiffre ne tient pas compte de l’impact climatique des montagnes de soja que nous importons pour nourrir les animaux d’élevage.

3. Les usines à bétail fonctionnent au soja

Les émissions de gaz à effet de serre du secteur ne tiennent pas compte de l’impact climatique des montagnes de soja que nous importons pour nourrir les animaux, en particulier les porcs et les volailles. Pour la Belgique, cela représente environ 1 million de tonnes par an. Si nous devions inclure les émissions élevées dues à la déforestation que provoque notre soja importé, les émissions totales du secteur de l’élevage belge seraient le double de ce que notre pays déclare actuellement.

Ainsi, une superficie équivalente à celle de la province du Hainaut est nécessaire à l’étranger pour cultiver le soja utilisé pour nourrir les animaux. Plus de la moitié provient d’Amérique du Sud, et plus particulièrement du Brésil. Ce soja est l’un des principaux responsables de la destruction systématique du Cerrado brésilien (la savane la plus riche en biodiversité du monde), avec des conséquences désastreuses pour la nature et le climat. En outre, son développement est également à la source de conflits sociaux et de violation des droits des peuples autochtones.

4. Les fermes-usines menacent la qualité de nos eaux et de notre nature

En Wallonie, 30% des masses d’eau de surface n’atteignent pas le bon état écologique. En cause: un apport excessif de nutriments d’origine agricole via les engrais organiques (déjections animales) et minéraux. Le cheptel trop important reste une cause principale du problème.

La situation est particulièrement problématique en Flandre qui fait face à une véritable crise de l’azote. La plupart de l’azote flamand déposé dans la nature provient de l’élevage. Depuis 20 ans, le gouvernement flamand se débat avec des plans d’action successifs pour le lisier. La qualité de l’eau s’est détériorée mais les réponses restent les mêmes.

Les coûts du traitement du fumier sont devenus une entrave pour les petits éleveurs et peuvent encourager la fraude. 

En mars, Greenpeace a envoyé une mise en demeure au ministre flamand de l’environnement, Zuhal Demir, pour qu’elle intervienne de manière beaucoup plus radicale. Nous envisageons maintenant d’autres démarches juridiques pour inciter le gouvernement flamand à s’attaquer aux racines du problème.

À peine 4% des habitats naturels (selon la directive européenne sur les habitats) sont actuellement en bon état en Belgique. Cela fait de notre pays le plus mauvais élève de la classe européenne. Pour atteindre l’objectif européen, tous les types d’habitats doivent être dans un état favorable d’ici 2050.

5. Les fermes-usines nuisent à la santé

L’élevage intensif nuit également à notre santé. Via leurs systèmes de ventilation, les fermes-usines émettent beaucoup de particules fines, qui sont particulièrement nocives pour les fonctions pulmonaires et cardiaques (cœur et vaisseaux sanguins). Une étude menée aux Pays-Bas montre, par exemple, que les effets d’une forte concentration d’ammoniac dans l’air (provenant des fermes d’élevage) sont comparables aux effets négatifs sur la santé de l’exposition au trafic dans les populations urbaines.

L’utilisation massive d’antibiotiques dans l’élevage intensif conduit au développement de bactéries multi-résistantes. Si elle n’est pas combattue, la résistance aux antibiotiques menace de provoquer 10 millions de décès par an d’ici 2050, selon les Nations unies.

L’élevage est également à l’origine de nuisances olfactives et sonores qui peuvent entraîner des troubles tels que maux de tête, stress, vomissements, insomnie et hypertension. Ces effets néfastes sont souvent sous-estimés dans les modèles qui ne tiennent pas compte des pics d’odeurs et de bruit liés aux conditions climatologiques et aux variations saisonnières.

Il est également certain que la destruction de la nature et de la biodiversité favorise l’apparition de maladies infectieuses d’origine animale (zoonoses). Des études récentes ont détaillé la relation entre les épidémies de virus et les animaux vivant dans notre environnement. Bien que l’élevage industriel ne soit pas responsable du cas spécifique de l’épidémie de COVID-19, cette industrie – poussée par notre surconsommation occidentale de viande, d’œufs et de produits laitiers – contribue à la propagation de zoonoses telles que la grippe aviaire. On estime que 73% de toutes les nouvelles maladies infectieuses proviennent des animaux. Les espèces animales transmettent à l’homme un nombre extraordinaire de virus, tels que les coronavirus et les virus de la grippe. L’élevage industriel de volailles et de porcs, où les animaux sont élevés en très grand nombre, en contact étroit les uns avec les autres et échangés sur de longues distances, est susceptible d’accroître la transmission des maladies.

6. Les fermes-usines provoquent la souffrance des animaux

Les fermes-usines ont pour objectif de produire de la viande, des œufs et des produits laitiers aussi efficacement que possible, ce qui se fait inévitablement au détriment du bien-être des animaux. Le poulet est l’exemple même de l’efficacité. Pensez à 19 poulets par mètre carré, soit moins d’un format A4 par animal. Après 5 semaines, les poulets de chair (loin d’être matures) sont prêts à être abattus. Ils ne peuvent pas suivre la croissance rapide : en Flandre, 47% d’entre eux sont boiteux, 78% ont une forme grave d’ulcère aux pattes. Les cochons qui sont entassés et ne voient jamais la lumière du jour ne sont pas non plus à envier.

7. Les fermes-usines ne contribue pas à l’agriculture de qualité voulue en Wallonie

Le Code Wallon de l’agriculture promeut l’agriculture familiale, à taille humaine, rentable, pourvoyeuse d’emplois et l’évolution vers une agriculture écologiquement intensive qui produit avec la nature et non contre elle.

Ce type d’élevage est également contraire à plusieurs objectifs fixés dans la Déclaration de politique régionale 2019, notamment la préservation d’un modèle d’agriculture du type familial et paysan, le soutien à l’élevage extensif, le soutien à l’autonomie fourragère ou la réduction de la dépendance aux importations de soja.

Tout le contraire des élevages intensifs hors-sol qui ne visent que la production massive de produits de basse qualité.

Vous voulez en savoir plus ? Consultez notre site web stopfactoryfarms.be.

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