Bruxelles, le 17 juillet 2019 – L’organisation environnementale Greenpeace reconnaît des éléments positifs dans la coalition du nouveau gouvernement de Bruxelles, mais elle réagit aussi de manière critique. Des mesures importantes sont prises en vue d’une politique climatique juste et ambitieuse, mais la capitale européenne devrait être encore plus ambitieuse. Ainsi, la date d’interdiction des voitures diesel et à essence est trop tardive.

« Cet accord de coalition offre des opportunités pour une politique climatique juste et ambitieuse« , commente Juliette Boulet, porte-parole de Greenpeace. « Ce gouvernement bruxellois est le premier gouvernement de notre pays à viser une neutralité climatique d’ici 2050. Il s’agit d’un premier pas important. Compte tenu de l’urgence climatique, nous attendons des futurs gouvernements fédéral, flamand et wallon qu’ils suivent cet exemple. »

« L’Europe doit s’efforcer d’atteindre la neutralité climatique d’ici 2040 afin de se tenir à l’accord de Paris sur le climat. En tant que capitale de l’Europe, Bruxelles doit intensifier ses efforts. Entre autres, l’élimination progressive des voitures fossiles doit se faire plus tôt, comme à Paris. L’abandon progressif du diesel en 2030 et de l’essence et du CNG en 2035 est trop tardif. 2030 devrait être la date limite pour toutes les voitures fossiles. Nous espérons avoir une discussion rapide avec les nouveaux ministres compétents à ce sujet« , déclare Boulet [1,2].

Greenpeace est tout de même satisfait de l’introduction des plans de circulation, de la zone 30 et de l’ambition d’investir davantage dans les infrastructures cyclables. La transition climatique est également liée à l’aspect social. « L’accord prévoit des mesures pour réaliser cette transition de manière sociale et équitable, tels que des transports en commun moins chers et de meilleure qualité, l’isolation des logements sociaux et l’ambition de faire participer beaucoup plus de Bruxellois à l’énergie solaire ». C’est très positif« , dit Boulet.

Durant les mois et années à venir, Greenpeace restera extrêmement vigilant quant à la mise en oeuvre de cet accord ainsi que sur la vitesse et l’ampleur de sa mise en place.

« Il reste encore du travail à faire pour atteindre toutes les ambitions, et en particulier pour réduire la pression automobile. Pourquoi ne pas faire un saut en avant avec un péage urbain, en attendant de parler avec les autres régions d’une taxe kilométrique ? L’un n’exclut pas l’autre. Nous demandons également des mesures claires pour maintenir les zones 30  et des garanties pour les investissements indispensables dans les infrastructures cyclables », conclut Boulet.

Notes

  1. Dans ce briefing, Greenpeace UE expose ce qui est nécessaire pour mettre l’Union européenne en conformité avec les promesses faites dans l’accord de Paris sur le climat. 
  2. Afin de réduire suffisamment rapidement les émissions du trafic pour tenter de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, il est beaucoup trop tard pour supprimer progressivement les voitures fossiles en 2035 dans le contexte urbain. Des études commandées par Greenpeace Pays-Bas et Allemagne indiquent que tout le trafic routier de personnes devrait être zéro émissions d’ici 2035 au plus tard, et que les villes devraient prendre la tête. La ville où l’accord sur le climat a été conclu en 2015 l’a bien compris : Paris interdira la circulation des voitures diesel en 2024 et celle des voitures essence en 2030. C’est là faire preuve du niveau d’ambition nécessaire. Attendre jusqu’à 2030 pour pousser les voitures diesel hors de la capitale rendra encore plus difficile pour le gouvernement bruxellois de réduire la pollution de l’air et de répondre aux exigences pour un air plus sain de nombreux Bruxellois et de la Commission européenne. 

Contacts

Sarah Jacobs, attachée de presse Greenpeace, +32 496 26 31 91, bpress@greenpeace.org