La transition énergétique peut être réalisée sans détruire nos écosystèmes les plus précieux. C’est ce qui ressort d’un rapport publié par Greenpeace International et l’Institute for Sustainable Futures de l’Université de technologie de Sydney. [1] L’objectif de 1,5 °C est réalisable si nous utilisons les minéraux en priorité pour la transition énergétique, si nous misons dès maintenant sur l’économie circulaire, le recyclage, la technologie des batteries et si nous réformons notre système de transport. Et dans ces domaines, l’Europe dispose de tous les atouts.
L’étude Beyond Extraction: Pathways for a 1.5°C-aligned Energy Transition with less Minerals analyse les besoins en minéraux pour différents scénarios énergétiques conformes à l’objectif de limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C, fixé par l’accord de Paris sur le climat. [2] En outre, le rapport rassemble des données sur les zones susceptibles de receler des réserves minérales et sur les zones présentant un intérêt écologique.
“Cette étude montre qu’une transition énergétique ambitieuse ne signifie pas que nous devons sacrifier des écosystèmes importants, ni sur terre ni en mer. Nous sommes toutefois confrontés à un choix : une économie du jetable ou un modèle circulaire. Les combustibles fossiles ne peuvent être brûlés qu’une seule fois, mais les minéraux utilisés pour produire de l’énergie renouvelable peuvent être recyclés. L’étude montre clairement qu’une transition juste est possible grâce à un leadership visionnaire, des politiques réfléchies et de l’innovation” explique Nadia Cornejo, porte-parole chez Greenpeace Belgique.
Le débat actuel sur les matières premières a beaucoup trait à l’autonomie stratégique. Ce rapport montre que les pays peuvent renforcer leur autonomie en utilisant en priorité les métaux pour la transition énergétique et en misant massivement sur l’innovation dans le recyclage, l’économie circulaire et la technologie des batteries. Un recyclage poussé peut réduire jusqu’à 45 % la demande en minéraux pour la transition énergétique. Un changement modal vers une mobilité plus partagée, des transports publics performants et des voitures plus petites et plus efficaces permettra d’obtenir des réductions supplémentaires.
“Dans un jeu géopolitique où les grandes puissances telles que les États-Unis et la Chine dictent les règles, l’Europe doit suivre sa propre voie : investir dans une économie circulaire et une transition énergétique équitable qui préserve les écosystèmes les plus précieux. La Belgique dispose de tous les atouts pour y parvenir : expérience, connaissances de pointe, entrepreneurs innovants et grandes quantités de minéraux dans nos flux de matériaux existants au-dessus du sol. Ce qui manque, c’est une politique audacieuse qui stimule réellement la circularité. Ce sont des choix politiques que nous devons faire aujourd’hui, pour le climat, la biodiversité et notre indépendance économique”, conclut Nadia Cornejo.
Notes :
[1] Vous trouverez l’étude complète ici. Un briefing media présentant les principales conclusions et nos recommandations politiques est disponible ici.
[2] L’étude porte sur neuf minéraux importants pour la transition énergétique : le cobalt, le cuivre, le dysprosium, le graphite, le lithium, le manganèse, le néodyme, le nickel et le vanadium.


