Après plus de 20 ans de campagne, le Canada a finalement ratifié le Traité sur la haute mer. Une victoire historique pour l’océan et pour vous qui l’avez rendue possible.
Le premier ministre Mark Carney a annoncé la ratification par le Canada le 23 septembre lors de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York. La décision lie légalement le Canada à cet accord international historique, lui donne un siège à la première COP Océan en janvier 2027 et lui ouvre la voie pour contribuer à la création du premier réseau mondial de sanctuaires océaniques en haute mer.
Mission partiellement accomplie.
Mais la prochaine grande mission, c’est de savoir comment. La ratification donne aux gouvernements les outils nécessaires pour protéger la haute mer. Ils doivent maintenant les utiliser pour assurer une protection efficace des océans. Ce traité représente une promesse faite à l’océan. Le Canada va-t-il la tenir?
Cette victoire nous appartient
Greenpeace a publié en 2005 son premier document d’information appelant à l’adoption d’un traité mondial sur les océans.
Depuis ce temps-là, des activistes, des scientifiques, des peuples autochtones, des communautés côtières, des pêcheurs et pêcheuses locaux, et des organisations du monde entier se sont battu·es sans relâche pour faire de la protection des océans une priorité sur la scène internationale.

Près de 25 000 personnes ont signé notre pétition, tandis que d’autres ont fait pression sur les politicien·nes, ont manifesté dans les rues, se sont battues contre les industries destructrices ou ont partagé leur amour pour l’océan.
Toute cette pression publique a contribué à faire passer le traité du stade d’idée à celui de réalité internationale… et à le faire ratifier par le Canada.

À toutes les personnes qui ont agi, partagé une campagne ou encouragé quelqu’un à s’exprimer : merci. Cette victoire vous appartient aussi!
Maintenant, qu’est-ce que la ratification implique?
La haute mer désigne les vastes étendues océaniques situées au-delà des eaux territoriales. Elle couvre près de la moitié de la surface de la Terre et abrite une faune marine incroyable, des baleines et des requins aux tortues, en passant par les oiseaux de mer et d’innombrables autres espèces que nous n’avons pas encore découvertes.
Jusqu’à présent, il n’existait pas de mécanisme mondial uniforme permettant d’établir des aires protégées en haute mer, mais le Traité sur la haute mer a changé cela.
Pour la toute première fois, les gouvernements disposent de moyens juridiques pour créer des sanctuaires océaniques en haute mer : des zones protégées où les écosystèmes peuvent se rétablir et où la faune peut prospérer.
Ces sanctuaires sont importants non seulement pour la zone qu’ils occupent sur une carte, mais aussi parce qu’un océan en bonne santé est essentiel à la sécurité alimentaire, à la subsistance et aux modes de vie de milliards de personnes. Elle est également essentielle à la régulation du climat et aide les communautés à s’adapter aux conséquences de la crise climatique.
Les moyens juridiques ne sont qu’un début.
Les promesses sur papier ne suffisent pas
Les gouvernements se sont engagés à protéger au moins 30 % des océans du monde d’ici 2030. À l’heure actuelle, seuls environ 10 % des océans sont protégés, et seulement 3,5 % sont entièrement ou fortement protégés.
Pour combler ce manque à gagner, les pays devront créer des sanctuaires océaniques à une échelle et à une vitesse sans précédent. Les retards risquent de leur faire rater l’objectif de 30 % d’ici 2030.
Les pays doivent également veiller à ce que la protection établie en vertu de ce traité se traduise par une protection réelle, et ne pas se contenter de tracer des lignes sur une carte qui permettront aux activités néfastes de se poursuivre en dehors des limites.
Les sanctuaires entièrement et hautement protégés doivent exclure les activités extractives destructrices, telles que la pêche industrielle, dans les zones qui servent à favoriser le rétablissement de la faune.

Ils doivent être fondés sur la science, impliquer un engagement significatif et équitable — en particulier les savoirs et le leadership autochtones, ainsi que les communautés côtières — et faire partie d’un réseau mondial interconnecté.
La connectivité est essentielle. Plus de 800 espèces marines migrent entre les eaux territoriales et la haute mer. Les frontières politiques que nous traçons dans l’océan ne concernent pas les baleines, les requins, les tortues, les oiseaux marins et de nombreux autres animaux marins. Nous avons besoin de corridors pour que la faune marine puisse se nourrir, se reproduire, migrer et se rétablir.
La COP1 Océans sera le premier grand test
La toute première COP Océans, en janvier 2027, sera le premier grand test pour savoir si les gouvernements sont prêts à concrétiser les promesses de ce traité. Les pays décideront de la manière dont le traité sera mis en œuvre et dont les premiers sanctuaires océaniques pourront être proposés, évalués et établis.
La COP1 Océan doit lancer un processus rapide, efficace et équitable pour la création de la première génération de sanctuaires en haute mer. Elle doit également empêcher les industries puissantes d’essayer d’éroder les protections ou de retarder les décisions alors que l’horloge tourne vite vers 2030. La ratification par le Canada signifie que le pays peut participer à ces décisions et contribuer à façonner la mise en œuvre de ce traité dès le départ.
Avec les opportunités viennent les responsabilités.
La chance d’agir
Le Canada, entouré par trois océans, joue un rôle unique en matière de protection des eaux qui nous relient et qui nous font vivre.
Le Canada a nommé sa toute première envoyée pour les océans, Diana Fox Carney, qui présidera également la conférence Our Ocean de 2027 à Halifax. Mme Fox Carney est une experte en politiques climatiques qui s’implique dans diverses causes environnementales et de justice sociale. Et étant donné qu’elle est l’épouse du premier ministre Carney, on ne peut qu’espérer que le couple parlera de l’océan autour des repas.
Quoi qu’il en soit, ces étapes clés indiquent clairement au gouvernement fédéral la voie à suivre. En mettant en œuvre le traité de manière décisive et en défendant des sanctuaires océaniques pleinement protégés et connectés, le Canada pourrait devenir un chef de file mondial en matière d’océans.
Faire des vagues : la mobilisation citoyenne, ça fonctionne!
Ce moment a mis plus de 20 ans à se concrétiser, alors prenons le temps de le célébrer!
Le Traité sur la haute mer est la preuve que la coopération internationale est encore possible. C’est la preuve que l’action publique peut changer le monde, mais le prochain chapitre commence maintenant. La ratification représente une occasion, mais la mise en œuvre doit transformer cette occasion en sanctuaires océaniques pleinement protégés et connectés où la faune peut se rétablir et prospérer.
La COP1 Océans sera le premier grand test, et le Canada doit être prêt à jouer le rôle de leader.
Ensemble, nous avons contribué à faire du traité une réalité. Maintenant, assurons-nous que sa promesse devient une réalité pour les océans et la planète!
La victoire, c’est la ratification. L’étape suivante, c’est la mise en œuvre.
En avant, Canada.


