Au cours du premier semestre 2026, l’Europe, l’Afrique et l’Amérique du Nord ont subi de plein fouet des vagues de chaleur sans précédent, alors que la crise climatique, alimentée par la combustion du gaz, du pétrole et du charbon, nous expose de plus en plus aux phénomènes météorologiques extrêmes qu’on appelle catastrophes naturelles. Les crues soudaines qui ont dévasté le Népal sont une tragédie humaine ainsi qu’un rappel douloureux : la fonte rapide des glaces et l’effondrement des glaciers dans un monde en surchauffe menace des vies humaines.
Les canicules ont provoqué des incendies d’une ampleur exceptionnelle à travers l’Europe de l’ouest et au Canada. En Afrique, en Asie et en Amérique latine, des vagues de chaleur, des sécheresses, des inondations et des tempêtes exceptionnelles ont également marqué l’année 2026.

La crue soudaine au Népal est attribuée à l’effondrement d’un glacier dans l’Himalaya, à un moment où la région s’inquiète des conséquences de la crise climatique : des données indiquent en effet que les inondations, les glissements de terrain, les avalanches et les sécheresses « gagnent en fréquence et en violence » dans toute la zone.
Des canicules et ces désastres prétendument naturels sont le genre de conséquences attendues de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz dont les scientifiques du GIEC nous avertissent depuis des décennies. Les records de température, y compris celle de surface de la mer, ne sont que la triste réalité du dérèglement climatique et la raison pour laquelle nous devons accélérer la transition des énergies fossiles vers les renouvelables.
Plus que jamais, nous avons besoin d’agir vite, d’autant plus que les analyses prévoient un phénomène El Niño historique, sur une planète qui se réchauffe déjà trop rapidement. Selon les prévisions de ce « super » El Niño, nous devons nous attendre à des évènements climatiques extrêmes d’autant plus violents, alors que nous approchons dangereusement du dépassement temporaire de l’objectif fixé par l’accord de Paris, qui vise à limiter le réchauffement global de la planète à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle.

Pourquoi avons-nous subi autant de canicules et d’incendies en 2026 ?
Les records de chaleur ont créé les conditions propices à la naissance de feux de forêts, tandis que notre climat se réchauffe rapidement en raison de décennies de déforestation et de pollution dues aux combustibles fossiles.
Les onze années qui ont suivi l’adoption de l’accord de Paris ont été les onze plus chaudes jamais enregistrées. Notre climat est plus déséquilibré qu’à aucun autre moment de notre histoire et, alors que les rejets de gaz à effet de serre dans l’air continuent d’augmenter, la limite de 1,5°C est de plus en plus menacée.

Cette tendance entraîne « des conditions de chaleur et de sécheresse propices à de grands feux de forêt de forte intensité », lesquels blessent et tuent directement, mais sont aussi la cause de problèmes de santé tels que des maladies respiratoires et cardiovasculaires ainsi que des hospitalisations et des décès prématurés dus à l’inhalation de fumée.
En quoi ces soi-disant catastrophes naturelles peuvent-elles être liées aux énergies fossiles ?
Ces vagues de chaleur extrême, ces tempêtes et ces feux de forêt dont la violence et la fréquence augmentent ne sont pas le fruit du hasard : ils résultent au contraire de l’inaction des gouvernements, qui permettent aux entreprises du secteur des énergies fossiles et à ceux qui détruisent la nature de faire passer leurs bénéfices avant le bien-être des populations. C’est pourquoi nos responsables politiques doivent accélérer les mesures visant à mettre fin à l’utilisation des énergies fossiles et à la destruction des forêts.
Selon les Académies nationales des sciences, de l’ingénierie et de la médecine (NASEM), le réchauffement atmosphérique est d’origine humaine. Il est causé par les émissions actuelles et passées, provenant principalement des pays industrialisés et des grandes entreprises, et est directement lié aux épisodes de froid et de chaleur extrêmes ainsi qu’aux épisodes de fortes précipitations à grande échelle.
Deux études récentes d’attribution rapide ont montré que les vagues de chaleur en Europe et en Amérique du Nord auraient été pratiquement impossibles sans le réchauffement global de la planète, lui-même causé par l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère due à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, ainsi qu’à la destruction des forêts.
L’étude d’attribution rapide menée par des scientifiques de World Weather Attribution (WWA) et portant sur l’influence du dérèglement climatique a révélé qu’une vague de chaleur similaire survenue en juin en Europe occidentale aurait été d’environ 3,5 °C moins intense si elle s’était produite il y a 50 ans.
2026 battra-t-elle tous les records de chaleur ?
Les scientifiques estiment d’ores et déjà que 2026 pourrait devenir, dans sa globalité, l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées, et prévoient également que 2027 pourrait encore battre ce record.
Le Met Office britannique estime quant à lui que 2026 restera dans les mémoires en raison d’un phénomène El Niño sans précédent, qui deviendrait le plus important depuis le 19e siècle. Le bureau a ajouté que 2027 devrait en outre remplacer 2024 au rang d’année la plus chaude jamais enregistrée et que le réchauffement de la planète dépasserait temporairement 1,5 °C.
Il y a de quoi s’inquiéter, le phénomène El Niño pouvant entraîner des conséquences météorologiques extrêmes à grande échelle, notamment des sécheresses dans certaines régions et des tempêtes et des précipitations intenses dans d’autres.
Quel est l’impact de la vague de chaleur qui touche l’Europe sur les niveaux des cours d’eau et les centrales nucléaires ?
En août, les niveaux d’eau de quatre des principaux fleuves européens – la Loire, le Pô, le Rhin et le Danube – ont atteint des niveaux historiquement bas. La sécheresse prolongée exerce une pression croissante sur les ressources en eau, les cultures, les systèmes énergétiques, le transport fluvial, le tourisme et les écosystèmes.
La sécheresse affecte également les centrales nucléaires, qui dépendent de grandes quantités d’eau pour leur refroidissement. Cet été, les niveaux exceptionnellement bas du Danube ont notamment contraint plusieurs réacteurs en Europe centrale à réduire ou interrompre leur production.

Cela rappelle la vulnérabilité des centrales nucléaires aux effets du dérèglement climatique et la nécessité de développer un système énergétique plus résilient fondé sur les renouvelables.
Allons-nous dépasser la limite de 1,5°C ?
Franchir la limite de 1,5 °C du réchauffement planétaire global accroît le risque d’atteindre plusieurs de points de basculement climatiques, qui seraient irréversibles et entraîneraient de graves dommages environnementaux. Les records de chaleur consécutifs depuis plusieurs années montrent à quel point l’objectif de l’accord de Paris devient de plus en plus difficile à atteindre. Mais cette réalité doit servir d’appel à l’action pour que tous les pays renforcent considérablement leurs ambitions climatiques, en particulier les pays développés qui ont la responsabilité historique d’agir les premiers, et le plus rapidement possible.
Il est plus que probable, selon l’OMM, que la température globale dépasse temporairement 1,5°C, pendant au moins un an entre 2026 et 2030. L’organisation a également indiqué que la moyenne sur cinq ans de la période 2026-2030 dépasserait 1,5 °C, ce qui s’accompagnerait d’un risque accru de phénomènes météorologiques extrêmes.
Cela signifie qu’il est temps de faire preuve d’ambition politique ! Les gouvernements doivent désormais réagir et, à l’approche de moments décisifs et d’échéances cruciales, nos responsables doivent accélérer la transition juste vers l’abandon des énergies fossiles, avec une rapidité et un engagement à la hauteur des enjeux.

Ce que les gouvernements peuvent faire pour accélérer la transition énergétique
Les gouvernements peuvent et doivent accélérer la transition vers des systèmes d’énergie renouvelable décentralisés, alimentés par des sources bon marché, fiables et abondantes, telles que l’éolien et le solaire. La bonne nouvelle, c’est que la transition vers les énergies renouvelables s’accélère déjà. Un rapport de Greenpeace International a révélé que le rythme des changements observés au cours des dix dernières années suscitait un grand espoir pour un avenir renouvelable – grâce notamment à la baisse significative des coûts des technologies solaires, éoliennes et de stockage par batterie.
À l’approche de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre et de la conférence des Nations unies sur le climat (COP31) en novembre, les gouvernements doivent affirmer leur volonté d’accélérer vers une transition juste. Cela implique notamment de veiller à ce que les résultats de la COP31, qui visent à accroître la part de l’électricité dans la demande énergétique finale mondiale, constituent réellement une voie vers la fin de la dépendance aux énergies fossiles. Il est également temps de demander des comptes aux entreprises de ce secteur, en leur faisant payer pour les dommages qu’elles causent depuis des années.
Les solutions existent déjà, et les énergies renouvelables locales ont le vent en poupe : le solaire, l’éolien et le stockage par batterie fournissent aujourd’hui une énergie bon marché et fiable, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. En nous mobilisant activement pour redéfinir le paysage énergétique grâce à une énergie renouvelable bon marché et fiable, nous pourrons, à terme, garantir une véritable sécurité et stabilité climatiques.
À propos de l’auteur : Aaron Gray-Block est chargé de communication politiques climatiques pour Greenpeace International.
Article publié à l’origine sur le site de Greenpeace International et traduit et modifié par nos soins.
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