Anti Oil Protest at WEC in Montreal. © François  Pesant / Greenpeace
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Bruxelles / Luxembourg, 21 juillet 2020À l’heure où s’achève la première réunion en face à face des ministres de l’Union européenne depuis le début de la pandémie de coronavirus, Greenpeace constate que les États n’ont pas saisi l’opportunité d’exclure l’accès aux fonds de relance pour les entreprises polluantes.

Selon Frank Thinnes, chargé de campagne Climat et Énergie pour Greenpeace : “Les gouvernements européens ont affirmé vouloir mettre en place un plan de relance écologique pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Mais celui qui vient d’être proposé n’est ni juste ni vert, parce que les industries polluantes vont continuer à bénéficier de l’argent public. Cela signifie que tout bon investissement pourrait être neutralisé par un soutien aux industries archaïques. Une véritable relance nécessite un changement de paradigme et un renforcement de nos démocraties dans tous les domaines. Nos gouvernements n’ont pas encore eu l’audace de convenir d’une reconstruction en mieux et de rendre nos économies à la fois plus vertes, plus équitables et plus résistantes aux crises futures.”

L’accord sur le plan de relance prévoit que 30% de toutes les dépenses doivent être consacrées à des mesures visant à lutter contre le changement climatique. Cependant, des mouvements écologiques ont fait savoir que, sans liste d’exclusion garantissant l’exclusion de l’accès aux fonds pour les industries polluantes, l’argent public continuerait de soutenir les entreprises climaticides. 

L’accord réduit également le financement proposé par la Commission européenne pour la santé, la recherche et le Fonds de transition équitable. Les dirigeant·es n’ont pu s’entendre que sur un seul point : l’accès à la moitié des 17,5 milliards du Fonds de transition équitable dépendra du soutien apporté à l’objectif de neutralité climatique de l’UE pour 2050. 

L’accord stipule que les fonds doivent suivre le “Green Deal” européen ainsi que les nouveaux objectifs climatiques de l’UE pour 2030 et 2050. Toutefois, l’objectif climatique proposé pour 2030, qui est de 50 à 55 %, n’est pas conforme à l’accord de Paris sur le climat ni aux efforts visant à limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C.

Le Parlement européen devra approuver le gros du projet puis en peaufinera les détails avec les gouvernements nationaux au cours des prochains mois. D’éminents députés européens de cinq groupes politiques – dont le Parti populaire européen, l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates, les Verts ainsi que la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique – estiment que le plan de relance devrait être lié aux objectifs climatiques de l’UE, au soi-disant principe de “non-nuisance”, et à sa taxonomie du financement écologique, c’est-à-dire à son règlement au sujet du financement durable. 

Une récente étude sur les dépenses de relance des gouvernements les plus riches dans le secteur de l’énergie a montré que l’Allemagne, la France et l’Italie ont dilapidé près de 40 milliards d’euros dans les énergies fossiles, contre seulement 29 milliards injecté dans les énergies durables.

Greenpeace a défini trois tests fondamentaux qui permettent d’évaluer la capacité du plan de relance de l’UE à nous conduire vers relance équitable et écologique, ou bien de définir s’il se contente d’entériner l’actuel système économique dépendant des combustibles fossiles et producteur de déchets, sous un vernis vert.