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Au Brésil, des zones protégées de l’Amazonie sont exploitées pour y permettre l’élevage, menaçant directement des espèces végétales et animales uniques. Des recherches menées par Greenpeace montrent que de la viande issue de zones récemment déforestées en Amazonie arrive aussi en Europe. Nous oeuvrons pour une nouvelle législation européenne interdisant l’importation de tout produit issu de cette déforestation, comme la viande, le soja et le bois. 

L’une des façons de préserver la forêt et la biodiversité au Brésil consiste à créer des zones protégées. Mais comme il n’est pas rare que les politiciens bloquent toute tentative de délimitation ou érodent le concept de conservation de la nature, la déforestation a repris de plus belle. On assiste même une course effrénée pour occuper illégalement certaines terres.

Au Brésil, la déforestation et l’élevage menacent la biodiversité

La déforestation augmente en Amazonie

En 2019, la déforestation a augmenté de 30% en Amazonie en comparaison avec l’année précédente. 2020 devrait connaître la même tendance. De janvier à avril, les alertes à la déforestation y ont augmenté de 62% par rapport à la même période de 2019. Au sein de certaines zones protégées, cette augmentation a même atteint 167%. 

Les bûcherons et les éleveurs de bétail, entre autres, ont utilisé avec empressement le climat politique pour pénétrer dans de vastes zones de forêt. Le parc naturel Serra Ricardo Franco, dans l’État du Mato Grosso, montre comment une nature unique qui aurait dû être protégée a été partiellement convertie en pâturages pour le bétail.

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‘The Lost World’

Au Brésil, la déforestation et l’élevage menacent la biodiversité

Le parc national Serra Ricardo Franco a été créé en 1997. Il s’étend sur une superficie de 158.000 hectares située à la frontière du Brésil, entre le Mato Grosso et la Bolivie, dans une région à la croisée du Cerrado, du Pantanal et de l’Amazonie. C’est une zone de transition environnementale où différentes espèces végétales et animales interagissent, donnant naissance à une biodiversité unique et encore peu connue des scientifiques. 

L’endroit où se trouve aujourd’hui le parc a inspiré l’ouvrage “Le monde perdu” d’Arthur Conan Doyle.

472 espèces d’oiseaux ont été recensées dans cette région, soit environ un quart de toutes les espèces d’oiseaux identifiées au Brésil. De nombreuses autres espèces animales vivent également dans ces lieux, notamment des mammifères menacés, comme la loutre géante (Pteronura brasiliensis) ou le plus grand des fourmiliers (Myrmecophaga tridactyla).

Pas encore de véritable protection pour le parc Serra Ricardo Franco

Le parc n’a jamais été correctement protégé par le gouvernement du Mato Grosso, et ses forêts et animaux sont victimes d’une déforestation destinée à créer des pâturages.

Plus de 38.000 hectares de cette zone qui aurait dû faire l’objet d’une protection totale ont été déboisés, dont près de 13.000 hectares après la création du parc. Au total, 24% de la superficie du parc est déboisée et de nombreuses fermes y ont été installées. Elles produisent du bétail qui est écoulé sur des marchés outre-mer, en Europe, en Asie et au Moyen-Orient. 

Contamination de la chaîne

Sur les 137 fermes que compte le parc, deux se distinguent particulièrement : Paredão I et II, qui s’étendent sur 4123 hectares dont près de la moitié a été déboisée illégalement.  

Fin 2016, le ministère public du Mato Grosso a introduit 50 actions civiles individuelles pour demander un embargo sur les activités économiques de ces fermes. Elles sont notamment accusées de causer des dégâts comme la déforestation illégale. Ces poursuites sont toujours en cours, mais la forte pression politique exercée par les agriculteurs et les politiciens locaux a retardé d’importantes mesures visant à protéger le parc. 

Une enquête menée par Greenpeace et Repórter Brasil a permis de démontrer que la ferme Paredão a vendu, entre avril 2018 et juin 2019, au moins 4000 bovins à Barra Mansa, une fazenda ou ferme située à l’extérieur du parc.

Barra Mansa approvisionne quant à elle les principaux abattoirs du Brésil. Durant la période où elle recevait du bétail élevé dans le parc, la ferme a vendu 6000 bœufs à JBS de Pontes e Lacerda, 2000 à Minerva de Mirassol D’Oeste et 300 autres à Marfrig de Pontes e Lacerda. 

En d’autres termes, en ne contrôlant pas les fournisseurs indirects, les abattoirs ont permis la contamination de la chaîne d’approvisionnement. 

Une nouvelle législation européenne s’impose

Au Brésil, la déforestation et l’élevage menacent la biodiversité

Selon les données d’exportation, entre janvier 2018 et mars 2020, la viande des usines JBS, Marfrig et Minerva a été expédiée sur plusieurs continents, contaminant toute la chaîne alimentaire internationale. Cette activité d’élevage et de vente de bétail sans contrôle continue d’alimenter les incendies et la déforestation qui minent la région, mettant en danger des espèces uniques.

La consommation au sein de l’Union européenne serait responsable de près de 10% de la déforestation mondiale, déforestation perpétrée quasi exclusivement hors des frontières de l’UE. Pour s’assurer que les Européens ne se voient plus contraints à être les complices de cette destruction de l’Amazonie, Greenpeace demande instamment à la Commission européenne de présenter rapidement une proposition législative visant à garantir que les produits vendus sur les marchés européens et qui sont susceptibles de provoquer la destruction des forêts, comme le soja, le bœuf, l’huile de palme et le cacao, respectent des critères de durabilité strictement définis afin d’éviter des impacts environnementaux et sociaux tels que la déforestation, la dégradation des écosystèmes naturels et les violations des droits de l’homme.

Les promesses non tenues de l’industrie de la viande

En 2009, JBS, Marfrig et Minerva ont signé un avenant au Code de conduite conclu avec le ministère public fédéral et ont adhéré aux « critères minimaux pour les opérations impliquant des bovins et des produits bovins à l’échelle industrielle dans le biome amazonien ».

Ils avaient entrepris de développer des systèmes de contrôle pour exclure de leurs listes de fournisseurs les fermes qui continuaient à déboiser, qui avaient recours à l’esclavage ou qui avaient envahi les terres indigènes et d’autres zones protégées.

À l’époque, JBS et Marfrig s’étaient engagés à mettre en œuvre le contrôle des fournisseurs indirects avant la fin de 2011. Jusqu’à présent, presque rien n’a été fait dans ce sens, comme nous pouvons le constater dans le parc Serra Ricardo Franco.  

Mais en vérité, aucun abattoir ou supermarché au Brésil qui se fournit en Amazonie ne peut garantir que tout le bétail produit et acheté après 2008 en Amazonie brésilienne soit totalement exempt de déforestation ou d’autres irrégularités telles que l’invasion de zones protégées.

Pas un cas isolé

Au Brésil, la déforestation et l’élevage menacent la biodiversité

Malheureusement, ce qui se passe dans ce parc n’est pas un cas isolé, mais n’est que le reflet d’une situation qui se répète en de nombreux autres endroits de l’Amazonie. Cette affaire montre également que non seulement les gouvernements, mais aussi l’ensemble du secteur, composé d’agriculteurs, d’abattoirs et d’importateurs, alimentent cette relation prédatrice avec la forêt, marquée par l’illégalité, et qui met en péril l’Amazonie et son importante biodiversité.

 Il est encore temps de protéger la biodiversité de l’Amazonie mais nous devons agir sans tarder ! Aidez-nous à mener cette campagne en faisant un don pour la protection de l’Amazonie. Merci de votre soutien.

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