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Du 15 avril au 13 juin, le public a pu donner son avis sur les projets de l’ONDRAF, l’organisme fédéral chargé de la gestion des déchets nucléaires. Environ 20.000 citoyens belges et étrangers se sont manifestés. Un succès, selon l’ONDRAF. Cependant, le processus de consultation présentait de nombreuses lacunes, allant d’un mauvais timing et de questions imparfaites au manque d’informations cruciales sur la méthode, le lieu et le moment du stockage de nos déchets nucléaires hautement radioactifs. Nous continuerons à suivre ce dossier, car il est clair que nous ne sommes qu’au début d’un très long processus…

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Une fuite radioactive ne s’arrête pas à la frontière

L’exclusion des citoyens des pays limitrophes était une des lacunes importantes de cette consultation. L’ONDRAF affirme que ce n’était pas nécessaire de les inclure, étant donné qu’aucun emplacement n’a encore été choisi et qu’il n’est donc pas possible d’évaluer les effets transfrontaliers. Cependant, les différentes options sont si proches des Pays-Bas et du Luxembourg, entre autres, qu’il est tout aussi judicieux d’impliquer la population de ces régions frontalières que les habitants de La Panne ou de Bruxelles, pour ne citer qu’eux.

Nos voisins ne se sont pas laissé démonter pour autant. Environ 9.000 citoyens non-belges ont complété la consultation officielle de l’ONDRAF (près de la moitié des réponses), et près de 50.000 personnes ont signé une pétition pour une plus grande participation des citoyens et des institutions de nos pays voisins dans ce dossier.

Une consultation insuffisante à propos d’un plan bancal

La consultation sur les déchets nucléaires est terminée… Et maintenant ?

Que penser d’une consultation organisée pendant la pire crise sanitaire et économique des 80 dernières années et limitée à ce qui est strictement nécessaire pour répondre aux exigences légales ? Que penser d’une consultation dont la conception et la formulation des questions font tout pour orienter les répondants vers la réponse souhaitée et qui, en outre, omet tout détail sur la manière, l’endroit et le moment propice à la mise en œuvre du principe de stockage géologique ? À notre avis, c’est juste une preuve du peu de cas qui est fait de l’opinion du citoyen.

L’ONDRAF choisit de foncer tête baissée, alors qu’il n’existe pas de dépôt géologique sûr et opérationnel pour les déchets hautement radioactifs dans le monde entier, qu’il n’est pas certain qu’une telle solution soit sûre sur le sol belge, et qu’en raison de rapports déficients, il est même impossible d’évaluer si nous allons dans la bonne direction.

Une solution sûre est nécessaire dès maintenant

La consultation sur les déchets nucléaires est terminée… Et maintenant ?

Et ce n’est pas tout. Lors de la consultation, l’ONDRAF a insisté sur le fait qu’il n’était pas responsable de ce qui se passe aujourd’hui avec les pires déchets nucléaires, à savoir le combustible irradié de Doel et Tihange. Juridiquement parlant, c’est sans doute vrai (ce combustible relève de la responsabilité de l’exploitant des centrales nucléaires, Engie-Electrabel), mais si l’état actuel de ces déchets nucléaires n’est pas contrôlé, leur élimination finale sera très difficile.

C’est pourquoi Greenpeace invite à travailler le plus rapidement possible sur une approche globale de nos déchets nucléaires, y compris du combustible usé et des autres déchets qui n’ont pas encore été transférés à l’ONDRAF. Nous ne devons pas perdre de vue que l’entreposage temporaire sera nécessaire pendant les 80 à 100 prochaines années, et ce, quels que soient le mode et le lieu du stockage définitif. Cet entreposage doit être totalement sûr.

La prochaine étape pour l’ONDRAF sera d’intégrer les commentaires et objections de cette consultation dans la proposition qui sera soumise au gouvernement cet automne. Mais à en juger par ce qui est aujourd’hui sur la table, une solution sûre et définitive pour nos déchets nucléaires n’est pas pour demain…

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