magazine / novembre 2013

Le tigre de Sumatra menacé par l’huile de palme

Il ne reste plus que 400 tigres de Sumatra à l'état sauvage...

Il ne reste plus que 400 tigres de Sumatra à l'état sauvage...

En Indonésie, les forêts disparaissent pour permettre la production d'huile de palme. En tant que consomma(c)teurs, nous avons notre mot à dire !

A vous d'agir ! Ecrivez à Colruyt, Delhaize et Carrefour

Après une bonne heure passée à errer dans les rayons du supermarché, Charles se retrouve avec un caddy bien rempli. Mais sait-il que bon nombre de produits qu’il a achetés contiennent de l’huile de palme ? C’est le cas du pot de choco, des biscuits, de la margarine, des croissants, du dentifrice… Et sait-il d’où provient cette huile ? Probablement pas car le consommateur ne reçoit que peu d’information sur l’origine des huiles végétales utilisées. La majorité des fabricants de produits ne connaissent d’ailleurs eux-mêmes pas toujours l’origine de l’huile de palme qu’ils utilisent.

Certains chiffres sont toutefois révélateurs : on sait par exemple que 75% environ de cette huile est importée en Belgique via les Pays-Bas qui, à leur tour, s’approvisionnent majoritairement en Malaisie et en Indonésie. Il y a donc fort à parier qu’une part importante de l’huile de palme utilisée en Belgique provienne elle aussi d’Asie du Sud-Est, où les forêts partent en fumée pour être remplacées par des plantations…

L'Indonésie, premier producteur d'huile de palme

En 2007, l’Indonésie est devenue le premier producteur d’huile de palme.  Le rythme de la déforestation y est dramatique : les forêts et tourbières riches en biodiversité sont remplacées par des déserts verts que sont les plantations de palmiers à huile…

Pour l’Indonésie, la production d’huile de palme fait figure de voie royale vers le développement économique. Mais parallèlement, le pays vise à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 26% d’ici 2020, avant tout en luttant contre la déforestation. Deux ambitions délicates à concilier. Pourtant, le gouvernement fait des efforts :

-en 2011, le Président a décidé de ne plus octroyer, pour une période de deux ans, de nouvelles concessions dans bon nombre de tourbières et de forêts primaires, c’est-à-dire dans des forêts qui n’ont encore jamais été exploitées. Une avancée cruciale même si des pans entiers d’autres tourbières et de forêts - parmi lesquelles des zones où l'on trouve des espèces comme l'orang outan ou le tigre de Sumatra - ne bénéficient d'aucune mesure de protection ;

-en mai 2013, l’Indonésie a décidé de prolonger ce moratoire. « C’est encourageant que notre Président renouvelle l’engagement pris pour protéger les forêts », commente Yuyun Indradi, conseiller politique pour la campagne forêts de Greenpeace International. «Si le puissant lobby de l’huile de palme avait eu le dernier mot, le moratoire forestier serait passé à la trappe et ce serait la voie rêvée pour encore plus de destruction.»

Heureusement, le moratoire est maintenu ; malheureusement, il n’a pas été étendu à l'ensemble des forêts et tourbières.

La destruction des forêts n'est pas une fatalité !

En Indonésie, la communauté Dosan, sur l'île de Sumatra, cultive l'huile de palme sans détruire la forêt. Visionnez la vidéo (en anglais) :

A notre tour d'agir !

Greenpeace demande à de grandes entreprises de prendre les devants dans la lutte pour la protection des forêts indonésiennes et du tigre de Sumatra et de ne plus s'approvisionner en huile de palme auprès de fournisseurs qui participent à la déforestation.

Les entreprises à qui nous lançons ce défi, parmi lesquelles les chaînes de supermarché Colruyt, Carrefour et Delhaize, ont toutes un lien avec Wilmar International, le plus grand négociant en huile de palme au monde. Wilmar commercialise de l’huile de palme issue de la destruction des forêts. C’est donc aussi l’habitat du tigre de Sumatra qui passe à la trappe.

 

L’huile de palme, mauvaise ou non pour notre santé ?

Selon le professeur Yvon Carpentier, du Conseil supérieur de la Santé, l’huile de palme n’est ni bonne ni mauvaise pour la santé. Mais il faut éviter d’en consommer trop.

Quels sont les risques pour la santé ?

Quand on consomme trop d’huile de palme, le risque de maladies cardiovasculaires peut augmenter. Certains acides gras saturés présents dans cette huile sont dangereux, mais uniquement en concentration importante. Il s’agit à peu près des mêmes que ceux qu’on retrouve dans le beurre ou dans certaines graisses animales.

En tant que consommateur, comment savoir si un produit contient de l’huile de palme ?

Si une étiquette mentionne « huile végétale », sans indiquer le type, il y a un risque qu’il s’agisse d’huile de palme. La législation européenne impose qu’à partir de décembre 2014, la source soit indiquée. Bref, pendant encore un an, les firmes ont le droit d’indiquer « huile végétale » sur l’étiquette d’un produit qui contient en fait de l’huile de palme…

Dans quelle proportion l’huile de palme est-elle présente dans les produits ?

Cela dépend vraiment du produit, on peut difficilement faire des généralités. L’avis du Conseil supérieur de la Santé est le suivant : certains acides gras saturés sont dangereux sur le plan cardiovasculaire. Ils sont contenus entre autres dans l’huile de palme qui elle est présente dans les biscuits, les pâtisseries industrielles, les viennoiseries, certaines pâtes à tartiner, certaines margarines… On peut consommer ces produits de temps à autre, en quantités raisonnables!


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