Plus de 1000 personnes ont décidé ce week-end de braver la loi afin de dire STOP aux énergies fossiles. Ce 8 et 9 octobre, la Coalition Code Rouge, dont Greenpeace fait partie, a mené sa première action de désobéissance civile de masse. Leur cible ? Les sites du géant pétrolier et gazier TotalEnergies à Feluy et à Wandre (Liège). Leur objectif ? Bloquer ces infrastructures afin de pousser l’ère des combustibles fossiles vers la sortie. La mobilisation citoyenne a été fabuleuse. L’action de désobéissance, historique ! On vous fait (re)vivre ces moments en images.

La Coalition Code Rouge l’annonçait le vendredi 8 juillet : une infrastructure clé de TotalEnergies serait touchée car cette entreprise et toute l’industrie fossile représentent une menace directe pour la planète et tous·tes ses habitant·e·s. Cette action de désobéissance civile de masse a finalement bloqué 2 infrastructures de TotalEnergies: le site de Feluy mais aussi le dépôt de Wandre (Liège).

Dès 7h du matin, un groupe de plusieurs centaines de citoyen·nes se met en route vers le site de Feluy. Dans leur ligne de mire: un rond-point stratégique afin de neutraliser les voies d’accès, empêchant ainsi aux poids lourds de rejoindre le site.

© Code Rouge / Eric De Mildt

À plus de 100 km de là, un groupe d’environ 130 personnes se dirige vers le dépôt de Wandre, à Liège. Elles se sont enchaînées aux grilles d’entrée et de sortie. A 8h30, le dépôt était bloqué.

Revenons à Feluy. Les voies d’accès sont bloquées. Un blocage vélo est également mis en place.

Un groupe de plus de 400 citoyen·nes envahissent les rails. Certain·es sont enchaîné·es. Le trafic ferroviaire est interrompu. Aucun wagon-citerne ne pourra entrer, ni sortir du site.

Des factures d’énergie sont apposées symboliquement sur un wagon afin de dénoncer les prix astronomiques de l’électricité et du gaz que les Belges doivent payer chaque mois.

© Code Rouge / Johanna de Tessieres

À 9h30, les différents blocages à Feluy sont en place. Le site est paralysé.

© Code Rouge / Eric De Mildt

Une équipe composée de 3 kayaks et 5 kayakistes arrive en soutien. Une bannière est déployée: “Les Belges rament. Total profite”. Ils dénoncent ainsi le bain de sang social généré par la crise énergétique, qui découle de notre dépendance aux énergies fossiles. Une dépendance que des entreprises comme TotalEnergies ont tout fait pour entretenir ces dernières décennies, niant sciemment le lien de leurs activités et le réchauffement climatique qu’elles connaissaient pourtant dès les années 70.

© Code Rouge / Eric De Mildt

Sur le pont, des grimpeurs·euses brandissent une bannière dénonçant le projet EACOP. TotalEnergies souhaite construire le plus long oléoduc chauffé au monde (près de 1445 kilomètres) en Tanzanie et en Ouganda, avec des conséquences désastreuses pour les communautés locales et la biodiversité.

© Code Rouge / Eric De Mildt

Ende Gelände montre son soutien à l’action Code Rouge. Ende Gelände est une plateforme d’action en Allemagne qui rassemble des milliers de citoyen·nes chaque année. La coalition Code Rouge s’en est fortement inspirée. D’autres organisations, plateformes et individualités, comme la Coalition climat, ont également relayé les contenus de la Coalition Code Rouge, permettant de donner encore plus de poids à cette action.  

En fin de journée, les blocages sont toujours en place. Les citoyen·nes déterminé·es et engagé·es y veillent. Plus de 700 personnes passeront la nuit sur leur point de blocage. 

© Code Rouge / Johanna de Tessieres

Dimanche, 9h30. La nuit a été froide. Encore plus froide pour les courageux·euses qui dormaient en tente. Cela fait maintenant 24h que les sites de Feluy et Wandre sont bloqués.

10h30, le groupe quitte le dépôt de Wandre. Peu de temps après, les blocages à Feluy seront également levés. Chaque groupe converge désormais vers un point de rassemblement afin de célébrer cette mobilisation fantastique. Il s’agit de la plus grande opération de désobéissance civile en Belgique depuis l’action Bombspotting sur le site de l’Otan, en 2005.  

© Code Rouge / Johanna de Tessieres

Ce week-end de mobilisation se clôturera par une manifestation légale au départ de la gare d’Ecaussinnes.

© Code Rouge / Johanna de Tessieres

Une action historique

Si cette action de désobéissance civile de masse est un tel succès, c’est grâce au millier de citoyen·nes qui ont afflué des 4 coins de la Belgique. On y retrouve des personnes de tout âge et de milieux sociaux très différents. C’est de cette diversité que le mouvement prend toute sa force. L’action a pu compter sur les fidèles activistes de Greenpeace, d’Extinction Rebellion et d’autres organisations mais le mouvement comptait principalement des personnes lambdas qui n’avaient encore jamais participé à une action de masse directe non violente. Des personnes qui ont décidé de faire le pas car la situation l’exige. Rosa (nom d’emprunt) est active à Greenpeace Belgium et a participé à la dernière action du mouvement citoyen Ende Gelände. Elle expliquait dans son interview pourquoi le recours à la désobéissance civile était nécessaire.  

« Avec Greenpeace, nous organisons notamment des manifestations et des protestations, nous lançons des pétitions… mais cela ne suffit plus. Demander poliment et gentiment ne changera rien fondamentalement si nous ne faisons que cela : il est temps de revendiquer nos droits et ceux de notre planète ! Voilà pourquoi nous optons pour la désobéissance civile.» 

Carine Thibaut, est porte-parole de Greenpeace Belgique. Elle a participé à l’action Code Rouge.

« C’est un signal incroyable de voir un millier de personnes engagées ce week-end pour exiger la fin de l’ère fossile et pour bâtir ensemble un avenir viable et socialement juste. Nous sommes à la croisée des chemins. Face à la crise sociale et climatique, nous devons urgemment sortir des énergies fossiles. Des vies en dépendent. Des multinationales comme TotalEnergies ne font pas partie de la solution, que du contraire. Cette première action large de désobéissance est un cri d’alerte auprès de nos responsables politiques, qui doivent agir pour le climat et contre la précarité. Nous espérons que la voix de tou·te·s ces citoyen·nes seront entendues ».

Chloé Mikolajczak, est la porte-parole de la coalition Code Rouge. Elle était interviewée par Jose Rexach, envoyé spécial de Blast. 

Un grand merci à toutes celles et ceux qui ont participé de prêt ou de loin à cette action ! Et à bientôt.

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