S'engager

Esch-sur-Alzette, 3 avril 2020 : Greenpeace a, dans le cadre de la consultation publique sur le plan national pour l’énergie et le climat (PNEC), soumis un avis (en allemand) au sujet des mesures prévues par le gouvernement. Dans ce document, l’ONG exige des moyens de grande envergure pour lutter contre l’urgence climatique, notamment dans les domaines des transports, des énergies renouvelables, de l’agriculture et de la finance durable. Greenpeace demande au gouvernement de s’engager dans la lutte contre la crise climatique que dans la lutte avec la même ferveur que contre la pandémie de Covid-19. 

« Les mesures qui doivent être prises pour résoudre la crise du coronavirus et ses conséquences économiques ne doivent pas compromettre ou retarder la gestion de la crise du climat et de la biodiversité. » explique Raymond Aendekerk, directeur de Greenpeace Luxembourg. « Nous constatons qu’en temps de crise, l’État peut adopter des mesures drastiques et mobiliser d’énormes ressources financières. Cette détermination nous manque dans la lutte contre la crise climatique, dont nous constatons déjà aujourd’hui les effets dramatiques et qui menace les moyens d’existence et la survie de millions de personnes« . 

« Greenpeace salue les objectifs ambitieux de réduction des gaz à effet de serre, de développement des énergies renouvelables et d’augmentation de l’efficacité énergétique« , ajoute Frank Thinnes, responsable de la campagne climat et énergie pour Greenpeace Luxembourg. « Néanmoins, en raison du manque à l’heure actuelle de prioritisation allouée par le gouvernement à la protection du climat, nous doutons que ces objectifs puissent être mis en œuvre avec succès« .

Dans ses déclarations (1), Greenpeace exige que les réductions massives des émissions causées par les exportations de carburant et la réduction des émissions provenant des transports intérieurs soient une priorité pour le gouvernement (2). En ce qui concerne les énergies renouvelables, Greenpeace estime qu’il est essentiel de produire autant d’énergie renouvelable que possible à l’échelle nationale et de n’appliquer les mécanismes de coopération que dans une mesure limitée (3). Dans son message, Greenpeace précise par ailleurs que le manque de personnel qualifié dans l’industrie de la construction et du photovoltaïque est un frein conséquent au développement de celui-ci. Il est donc nécessaire de créer des centres et des programmes de formation et de perfectionnement pour les artisans dans le domaine des technologies vertes et dans le secteur de la rénovation. L’expansion du domaine d’activité de la « finance durable » représente une opportunité importante pour le Luxembourg en tant que centre financier de premier plan, mais l’ONG ne pense pas qu’elle mettra fin aux investissements du secteur financier luxembourgeois dans les industries à forte intensité de gaz à effet de serre (4).

« Notre avenir, et celui des générations futures, dépend d’une transformation majeure de notre économie et de l’adaptation de notre société aux conséquences du changement climatique. » commente Frank Thinnes. « Nous attendons du gouvernement qu’il saisisse l’opportunité qui lui est donné de faire évoluer notre économie vers un modèle socialement juste et respectueux du climat. Le gouvernement doit, comme pour la crise due au coronavirus et avec la même détermination, prendre toutes les mesures nécessaires pour rendre notre économie et notre société résilientes à l’urgence climatique – quel qu’en soit le coût.”  C’est pour cette raison que Greenpeace Luxembourg a récemment publié une pétition dans laquelle elle exige du gouvernement luxembourgeois cinq demandes vitales pour reconstruire la société au-delà de la crise du coronavirus.


Notes aux rédactions

(1) Afin d’atteindre la neutralité climatique au plus tard en 2050, Greenpeace appelle à une réduction de 65 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, soit une nouvelle hausse des objectifs du gouvernement luxembourgeois d’ici 2030.

(2) Greenpeace exige une intervention politique claire pour faire en sorte qu’à partir de 2025, plus aucun véhicule à moteur diesel ou essence ne soit immatriculé au Luxembourg et dans l’UE. Le développement des transports publics, de la mobilité douce, des projets innovants en matière d’aménagement du territoire et de construction des logements ainsi que l’introduction d’une taxe sur le CO2 dans le cadre de la réforme fiscale sont essentiels. À ce propos, si l’implantation d’une tarification sur le CO2, qui constitue l’outil fondamental de direction des mesures de protection du climat , est la bienvenue, le tarif envisagé de 20 €/tonne de CO2 est bien trop faible. Greenpeace exige qu’une tarification du CO2 ciblée et socialement juste soit intégrée dans la prochaine réforme fiscale prévue dans l’accord de coalition.

(3) Afin de renforcer la production individuelle d’électricité renouvelable, notamment via des installations photovoltaïques, Greenpeace estime que le prêt climatique déjà existant pour les rénovations énergétiques devrait être étendu aux énergies renouvelables. L’ONG rejette strictement le mélange d’agrocarburants, dont la nocivité pour le climat et la biodiversité est incontestable. L’association  critique également l’expansion et la promotion des installations de biogaz. 

(4) Compte tenu de l’importance de la place financière pour l’économie luxembourgeoise,  les risques systémiques liés au changement climatique et aux investissements dans des entreprises climaticides doivent être limités. Greenpeace exige que les flux financiers au Luxembourg soient mis en conformité avec les objectifs de l’accord de Paris. L’ONG estime que le total des portefeuilles d’actions du secteur des fonds d’investissement génère lui seul des émissions d’au moins 300 à 400 millions de tonnes de CO2 par an (qui revient à 30 à 40 fois les émissions directes du pays).